mardi 29 avril 2008

Perspectives énergétiques canadiennes à l'horizon de 20025

Les perspectives énergétiques canadiennes à l’horizon de 2025 sont bonnes. Le Canada pourrait à brève échéance devenir une puissance énergétique mondiale (voir tableau 1). Ce scénario s’inscrit dans une démarche de surplus écologique (voir note 1) et de développement soutenable. Le développement soutenable est défini ici comme la réconciliation des dynamiques économique, sociale, environnemental, culturelle et spatiale. Concernant les émissions de gaz à effet de serre, la solution réside davantage dans l'efficacité énergétique, la séquestration du CO2, les énergies renouvelables, le nucléaire et charbon propre que dans les systèmes d’échange d’émissions et les incitations fiscales comme éléments clé de la maîtrise du changement climatique et de la sécurité énergétique.

Ce diagnostic s’appuie sur la nécessité d’évaluer les découvertes futures des nouvelles ressources, d’intégrer l’influence du progrès technique sur l’évolution des coûts d’utilisation ou d’anticiper l’apparition de substituts à partir des technologies existantes. Dans ce cadre d’analyse, le développement énergétique canadien s’articule autour de quatre enjeux : le retour du Grand Jeu Politique pour l’accès aux réserves de matières premières et d’énergie ; l’optimisation des techniques de production et de consommation d’énergie ou de matières premières ; les conséquences environnementales de la production, du transport et de la consommation d’énergie ; les combats des pays producteurs et exportateurs de matières premières et d’énergie pour la souveraineté sur leur sous-sol.

Note 1 : Le déficit ou le surplus écologique est la différence entre l’empreinte écologique et la biocapacité. L’empreinte écologique est la quantité de sol et d’espace marin requis de la nature pour soutenir la consommation par habitant. La biocapacité réfère aux capacités biologiques des écosystèmes terrestres et maritimes. En relation avec la méthode de l’assimilation du CO2, le chiffre de un hectare par 1,4 tonnes de carbone est avancé comme ratio sol-énergie. Pour l’année 2003, dans le secteur de l’énergie le surplus écologique du Canada est évalué à 304,29 millions de tonnes de CO2 : soit la biocapacité par habitant 14,5 hectare-habitant ; moins l’empreinte écologique 7.6 hectare-habitant ; multiplié par 1.4 tonnes de carbone comme ratio sol-énergie ; multiplié par la population 31.5 millions.

L’empreinte écologique est un indicateur controversé car il ne dit rien de la surexploitation des ressources et de la réversibilité des activités humaines. La problématique de l’effet de serre est abordé par le nombre d’hectares habitant de forêt nécessaires pour absorber le CO2. Les pollutions ne sont pas considérées et dix pays concentrent les deux tiers des surfaces forestières de la planète soient l’Australie, le Brésil, le Canada, la Chine, les Etats-Unis, l’Inde, l’Indonésie, la Russie, le Pérou et la République démocratique du Congo. Le bassin du Congo et l’Amazonie constituent les plus importantes réserves de forêts tropicales humides avec plus de 200 espèces vivantes au mètre carré. La quantité de carbone libérée par la déforestation tropicale est la deuxième cause anthropique d’émissions de CO2 dans l’atmosphère.

TABLEAU 1

PERSPECTIVES ÉNERGÉTIQUES CANADIENNES
À L’HORIZON 2025


Les tendances lourdes

Pas de doute sur les réserves en hydrocarbures du Canada les plus importantes au monde après celles de l’Arabie Saoudite

Réserves en hydrates de méthane dans le Grand Nord Canadien qui pourraient générer deux fois plus d’énergie que le pétrole, le gaz et le charbon réunies

Viabilité à long terme d’une infrastructure de transport maritime reliant l’Europe à l’Asie à partir du Passage du Nord-Ouest

Participation du Canada à l’initiative du partenariat mondial pour l’énergie nucléaire à titre de plus gros producteur d’uranium au monde

Avancés technologiques majeures dans la gestion des déchets des centrales nucléaires de 300 méga watts de 3ième et 4ième génération

Possibilité d’augmenter la production d'énergies hydroélectrique, renouvelables et nucléaire et de développer à plus grande échelle un réseau électrique national

Projets pilotes dans le domaine de la séquestration du CO2 ; la gestion des déchets nucléaires et le stockage d’énergies dans des batteries rechargeables

Promotion par le gouvernement et l’industrie des énergies photovoltaïque, héliothermique, géothermique et de la biomasse

Programme de R-D dans le domaine de la conversion du charbon en gaz et du gaz en pétrole

Les incertitudes

Conséquences du changement climatique et influence sur les politiques énergétiques nationale et provinciale

Évolution technologique des réacteurs nucléaires de fissions, de l’hydrogène, de la fusion nucléaire et de la supra conductivité

Nouveaux équilibres des pouvoirs locaux, provinciaux et régionaux

Évolution des représentations géopolitiques de l’énergie et du développement durable : déstabilisation, tensions, attentats suicides, terrorismes

Évènements imprévisibles : accidents graves, pandémies, événements climatiques, guerres

Les investissements nécessaires se feront-ils?
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